Pourquoi faire appel à une agence de communication (et quand il ne faut pas)
Votre communication avance quand vous avez le temps. C'est-à-dire rarement. Vous hésitez entre continuer comme ça, embaucher quelqu'un, ou confier le sujet à un prestataire. La bonne question n'est pas « est-ce que ça coûte cher ». C'est « laquelle des trois options me coûte le moins cher au total ». Les trois ont un prix. Deux de ces prix sont invisibles.
Cet article compare les trois sans conclure d'avance. Si votre situation appelle le « je le fais moi-même », c'est écrit noir sur blanc plus bas.
Option 1 : vous le faites vous-même
Le coût affiché est proche de zéro. Un abonnement de création graphique, un téléphone correct, deux heures le dimanche soir. Sur le papier, imbattable. Le coût réel est ailleurs.
Le temps du dirigeant, valorisé pour de vrai
Faites le calcul une fois. Prenez ce que votre entreprise dégage sur un an, divisez par le nombre d'heures que vous y passez. Vous obtenez le prix de votre heure. Multipliez par le temps réellement consacré aux photos, aux publications, aux retouches du site.
Quatre heures par mois à 60 € de l'heure, c'est 2 880 € par an, pris sur le temps qui facture. C'est le seul poste de dépense qui n'apparaît sur aucune ligne comptable.
L'irrégularité
La communication faite « en plus » passe toujours après le reste. Trois semaines de publications, puis deux mois de silence parce qu'un chantier a débordé. Or l'algorithme, la mémoire des clients et le référencement fonctionnent tous à la régularité. Un effort discontinu ne produit pas la moitié du résultat. Il en produit une fraction.
Le résultat inégal
Vous aurez de bonnes photos et des mauvaises. Ce n'est pas un problème de talent, c'est un problème de reproductibilité. Le client qui tombe sur votre publication moyenne ignore que la précédente était excellente.
L'absence de recul
C'est le point le plus coûteux, et le moins visible. Vous connaissez votre métier par cœur. Vous ne voyez plus ce qu'un inconnu découvre en arrivant sur votre vitrine ou votre page d'accueil. Et personne dans votre entreprise ne viendra vous dire que votre promesse est illisible. C'est exactement ce que teste un diagnostic mené avant de produire quoi que ce soit.
Quand faire soi-même est le bon choix
Franchement, dans quatre cas :
- Votre offre n'est pas stabilisée. Vous démarrez, vous testez, vos prix bougent encore. Payer pour communiquer sur une offre qui changera dans trois mois, c'est jeter l'argent. Clarifiez d'abord ce que vous vendez et à qui.
- Vous êtes déjà complet. Carnet plein, bouche-à-oreille solide, aucune capacité supplémentaire. Communiquer plus ne ferait que décevoir des gens que vous ne pouvez pas servir.
- Vous avez du goût et du temps. Ça existe. Certains dirigeants filment mieux qu'un professionnel parce qu'ils sont légitimes devant la caméra. Dans ce cas, gardez la main et faites-vous aider seulement sur la stratégie.
- Votre marché tient sur une page. Quarante clients potentiels dans la région : un fichier propre et un téléphone valent mieux que n'importe quelle campagne.
Option 2 : vous recrutez
C'est la solution qui rassure : quelqu'un dans les murs, qui apprend votre métier. Regardons le budget en entier, pas seulement le salaire.
Le coût réel d'un salarié communication
Les chiffres qui suivent sont des repères de marché, à confirmer avec votre expert-comptable.
- Le salaire chargé. Un profil junior en région se situe souvent entre 26 000 et 32 000 € brut par an. Avec les charges patronales, comptez un coût employeur de l'ordre de 36 000 à 45 000 € annuels.
- Les outils. Suite créative, banque d'images, programmation des publications, polices, hébergement. De quelques dizaines à quelques centaines d'euros par mois.
- Le matériel. Boîtier, objectif, micro, pied, éclairage. Plusieurs milliers d'euros si la vidéo fait partie du besoin. Et ça se démode.
- L'encadrement. Qui brief ? Qui valide ? Qui dit non ? Comptez une à deux heures de votre semaine. Un salarié communication sans direction produit du contenu, pas des clients.
- La montée en compétence. Trois à six mois pour comprendre votre métier, vos clients, vos contraintes. Ce délai est normal. Il se paie quand même.
Reste le point dont on parle le moins : une seule personne ne couvre pas photo, vidéo, site web, stratégie et publicité. Un profil très bon en réseaux sociaux sera moyen en refonte de site. Un bon graphiste filme rarement bien. Ce ne sont pas des lacunes, ce sont des métiers différents.
Quand recruter vaut mieux qu'une agence
- Le volume est quotidien. Plusieurs points de vente, un catalogue qui bouge en permanence, des centaines de références. À ce rythme, l'interne coûte moins cher.
- La réactivité prime. Un restaurant qui poste le plat du jour à 11 h a besoin de quelqu'un sur place.
- Le produit est très technique. Industrie, secteur réglementé, cycle de vente long : la connaissance interne pèse plus que la créativité.
- Vous avez déjà quelqu'un pour l'encadrer. Un salarié junior autonome à 100 %, ça n'existe pas.
Le montage le plus efficace est souvent mixte : un interne pour le quotidien, un prestataire pour ce qui demande du matériel et du recul. Les deux ne s'excluent pas.
Pourquoi faire appel à une agence de communication : ce qu'on gagne, ce qu'on perd
Ce que vous gagnez
- Un regard extérieur. Quelqu'un qui découvre votre entreprise comme un client, et qui a le droit de vous dire que votre promesse ne se comprend pas. Inconfortable, et c'est le principal intérêt.
- Plusieurs métiers dans un seul contrat. Photo, vidéo, texte, web, stratégie : vous payez chacun pour le temps où vous en avez besoin.
- La régularité. Un prestataire livre parce qu'il s'y est engagé, pas parce que le dimanche soir est calme.
- Le matériel et sa maîtrise. Vous ne l'achetez pas, vous ne l'amortissez pas, vous ne le remplacez pas.
- L'expérience d'autres entreprises. Les erreurs commises ailleurs vous sont épargnées, comme dans toute équipe qui travaille avec des PME de Toulouse et de la métropole.
Ce que vous perdez
- La disponibilité immédiate. Un prestataire n'est pas dans le couloir. Une demande à 17 h un vendredi ne sera pas traitée à 17 h 05.
- Du temps au départ. Il faut briefer, expliquer, corriger le premier jet. Comptez deux à trois heures les premières semaines : un brief bien écrit évite l'essentiel des allers-retours.
- Une part de contrôle. Vous validez, vous ne fabriquez plus. Certains dirigeants le vivent mal : autant le savoir avant de signer.
- La ligne sur le devis. Le coût devient visible, donc discutable. Vos six heures de dimanche, elles, ne figuraient nulle part. Pour des ordres de grandeur, voyez ce que coûte réellement une agence de communication.
Cinq questions pour trancher ce soir
- Est-ce que je sais formuler mon offre en une phrase qu'un inconnu comprend ? Si non, commencez par le positionnement.
- Combien d'heures ai-je passées sur ma communication le mois dernier ? Multipliez par le prix de votre heure.
- Mon besoin est-il quotidien ou ponctuel ? Quotidien pousse vers l'interne, ponctuel vers le prestataire.
- Est-ce que je peux encadrer quelqu'un une à deux heures par semaine ? Si non, ne recrutez pas.
- Qu'est-ce que je cherche : plus de contenu, ou plus de clients ? Ce n'est pas la même commande.
L'article « ai-je vraiment besoin d'une agence » pose la question dans l'autre sens.
Questions fréquentes
Pourquoi faire appel à une agence de communication plutôt que de le faire soi-même ?
Pour trois raisons, et une seule est vraiment décisive : le regard extérieur. Une agence apporte aussi plusieurs métiers dans un même contrat et une régularité que le dimanche soir ne permet pas. Si vous avez du temps, du goût et une offre déjà claire, faire soi-même reste un choix défendable.
Est-ce qu'une agence de communication coûte plus cher qu'un salarié ?
Cela dépend du volume. Sur le marché, un poste de chargé de communication junior représente un coût employeur de l'ordre de 36 000 à 45 000 euros par an, matériel et outils non compris. En dessous d'un besoin quotidien, un prestataire revient généralement moins cher. Au-dessus, l'interne reprend l'avantage.
À partir de quelle taille d'entreprise faut-il faire appel à une agence ?
La taille compte moins que la situation. Une entreprise de deux personnes dont le positionnement n'est pas clair a plus besoin d'un regard extérieur qu'une société de vingt salariés qui tourne bien. Le bon déclencheur, c'est un problème identifié : un lieu vide, un site qui ne convertit pas, une offre que personne ne comprend.
Peut-on travailler avec une agence sans engagement long ?
Oui. Un diagnostic ponctuel ou un projet unique se traitent très bien sans contrat dans la durée. L'accompagnement au mois se justifie quand vous avez besoin d'une production régulière et d'un suivi. Commencez petit, mesurez, puis décidez.
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